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L'HUILE,
UNE HISTOIRE… PAS BIDON ! « L'huile, c’est le sang du moteur », j’entends encore cette phrase dans la bouche de mon vieux mécano de père à l’époque de ma première mobylette… et… c’est toujours d’actualité, aujourd’hui plus que jamais ! Prenons
(tout à fait au hasard) un moteur 125cc quatre temps de
chez Yamaha… Disons que ce moteur a un alésage de
57 mm pour une course du piston de 48,8 mm, un régime de
puissance maxi. aux environs de 9000 t/min… À ce
régime, le piston va parcourir à la minute : 2 x
9000 x 48,8 mm, soit 14,6 mètre / seconde avec un arrêt
(le point mort bas), une accélération, un arrêt
(le point mort haut) et à nouveau une accélération
pour le retour : une course, c’est bien le mot ! Elle a du boulot l'huile ! Autant ne pas la négliger : c’est mieux pour les performances et la longévité de notre chère mécanique ! Ayez
le réflexe de vérifier périodiquement le
niveau d'huile moteur à travers le hublot - moto droite,
moteur arrêté - même s'il est fort possible
que vous n'ayez pas à en rajouter entre les révisions.
À
savoir lors d'un rajout d'huile moteur :
1. L'HUILE, UNE HISTOIRE DE NORMES… Pour les raisons évoquées plus haut, il ne sert à rien de mesurer la viscosité d’une huile de façon statique. Ce qui nous intéresse, c’est son comportement dynamique (ou même cinématique). Je vous passe les formules ésotériques, mais disons que ce qui nous intéresse, c’est un lubrifiant très fluide à froid pour graisser rapidement toutes les pièces au démarrage et très visqueux à chaud pour maintenir une bonne qualité de film d’huile entre les pièces en mouvement sous de très hautes températures. Ce n’est pas la quadrature du cercle, mais presque !
2. UNE NORME DE VISCOSITÉ : LA NORME SAE J300/2000
Elle nous raconte quoi, cette norme ? (Je pars du principe que vous avez lu l’excellent travail de Sway sur la vidange du TW/SR/XT avant de regarder le présent document sur l’huile.) Simple petit rappel, dans le cas d’une huile multigrade moderne normée xxW - yy :
Ainsi, une huile 5w-50 aura une viscosité de 60000 Cp à –35°C (c’est la température où elle se "fige", colonne 3) et une viscosité minimum à chaud (à 100°C, colonne 4) supérieure à 16,3 Cst. Pour mieux comprendre, voici un tableau comparatif entre des huiles monogrades et des huiles multigrades : On voit ici clairement que :
L'huile idéale : D’après la norme SAE J 300, ce serait donc une 0 w – 60, la plus fluide à froid (jusqu’à – 40°C !), la plus visqueuse à chaud (+ de 21,9 Cst à 100°), le rêve ! Et le cauchemar des chimistes pétroliers, car les molécules, même de synthèse, n’ont pas encore appris à faire ce genre de grand écart. Dommage ! Nos huiles les plus performantes en termes de plage d’utilisation se situent donc dans les grades 0w – 40, 5w – 40 ou 5w – 50. Les plus récents tests de rendement dans le domaine de la recherche antipollution nous amèneront d’ailleurs vers des huile de grade 0w – 30 qui semblent donner les meilleurs résultats. Toutes ces huiles sont des lubrifiants 100 % de synthèse haut de gamme, ce qui nous amène naturellement aux…
3. LES (NOMBREUSES) NORMES DE QUALITÉ La norme API (American Petroleum Institute) : Composée de deux lettres, la première donne la destination de l'huile (moteur essence, diesel ou transmission), la seconde donne le niveau de performance Classification API moteurs essence(s) :
Pour info :
Classification de G1 à G5 en fonction de l’évolution qualitative des huiles moteur essence. Elle est toujours employée, bien qu’obsolète et remplacée par… La norme ACEA (Association des Constructeurs Européens d’Automobiles) : Pour les moteurs essence elle se décompose en :
D'autres normes : JASO
(japonaise) : aucun intérêt ! FA (bas de gamme Asie),
FB (standard Asie), FC (standard) : la seule que nous connaissons
en Europe.
4. LE PRIX Là,
je vais marcher allègrement sur les idées reçues
! Une huile semi-synthèse de (très ?) grande marque
en 10w – 40, ça vaut… moins de 1,50 €
le litre (par fût de 60 litres).
5- LA MARQUE Là,
chacun prend ses responsabilités… Et c’est
pour ça qu’il y a aussi peu d'illustrations dans
cette rubrique.
6- LA PROVENANCE À côté du code barre produit, se trouve (en général) le code "emballeur" qui se décompose en : EMB XX YYY (XX département, YYY numéro d’usine ou, pour nous, de raffinerie…). Regardez un peu où on peut trouver le code EMB 76 476 B (Raffinerie BP/Mobil de Ste Gen…) mais chuuuut ! N.B. : Le code emballeur, ça marche aussi pour connaître la provenance de votre PC ou… d’un pot de yaourt ! ;-))
7. LES ADDITIFS (en forme de post-scriptum)
Les seuls cas d'huile spéciale que je connaisse (il y en a sûrement d'autres…) sont :
Mais je m’égare… J’utilise couramment de l’huile 5w – 40 100 % synthèse qualité automobile (de chez M…l) dans plusieurs machines y compris de très performantes… sans problème aucun. Et je suis loin d’être le seul… D’autre part, on sait que plus une huile est "haut de gamme" (100 %…), moins il y a d’additifs dedans… Ils ne sont pas nécessaires ! Alors, avant de mettre n’importe quoi dans le carter de votre titine préférée, posez-vous les question suivantes : Qu’est
ce qu'il y a dans le flacon ? (le produit "miracle"
c’est quoi ? la formule ?) C’est marrant, mais on retrouve les mêmes discours chez les vendeurs d’accessoires moto ou micro-informatique : le produit est toujours le "top" du "must" qui va booster la machine comme jamais… et c’est souvent… jamais ! Alors
? sorcellerie ? JFT |
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